accueil de tunaka
|   |
TEXTES EN LIGNE : LA DISCIPLINE L'article qui suit constitue un rÈsumÈ du chapitre "discipline" dans Surveiller et punir de Michel Foucault lire un autre texte
LA DISCIPLINE | 1) RÈpartition spatiale 2) ContrÙle des activitÈs 3) GenËse des apprentissages 4) Composition des forces 5) La machine ? dresser et ses outils 6) La surveillance hiÈrarchique 7) La sanction disciplinaire 8) La normalisation 9) L'examen 10) Anonymat et individualisation 11) La peste 12) Le panoptique 13) La sociÈtÈ disciplinaire 14) InvisibilitÈ du pouvoir disciplinaire 15) Facteurs d'Èmergence historique 16) InÈgalitÈ politique 17) Savoir et pouvoir 18) L'observation permanente
En quoi consistent les techniques disciplinaires du pouvoir ?
| 1) RÈpartition spatiale
         
La discipline procËde par une rÈpartition des individus dans l'espace. Il s'agit premiËrement de clÙturer un espace, c'est l'enfermement, que l'on retrouve aussi bien ? la caserne qu'? l'Ècole, mais qui prend sa plus grande force dans la prison et l'asile. Mais l'enfermement ne suffit pas ? caractÈriser la discipline, car cet enfermement doit permettre de rÈaliser un quadrillage des individus en leur assignant ? chacun un emplacement spÈcial et en distribuant les groupes : c'est une division de cet espace clÙt que doit rÈaliser la discipline, en sÈparant les classes, les rÈgiments, les quartiers ou les pavillons, le modËle classique Ètant la cellule individuelle des couvents ; sur ce modËle, la discipline isole les individus dans la masse, crÈant un redoublement de la clÙture, un enfermement dans l'enfermement, un isolement absolu. TroisiËmement, cet espace quadrillÈ doit Ítre utile, c'est-?-dire que chacun des emplacements dÈfinis doit avoir une fonction prÈcise : l'organisation de l'espace doit rÈpondre ? des fonctions thÈrapeutiques pour un hÙpital, par l'isolement des maladies contagieuses par exemple, ou ? des fonctions productives dans les usines o
         
Mais la discipline ne rÈalise pas seulement la rÈpartition des individus dans une multiplicitÈ organisÈe. Elle institue Ègalement le contrÙle de l'activitÈ. La discipline ne se contente pas d'une rÈpartition spatiale, elle dÈcoupe Ègalement le temps en fonction de son contenu en termes d'activitÈs : c'est la gÈnÈralisation du vieux systËme monastique de l'emploi du temps, dÈsormais dÈveloppÈ et transformÈ, par une " Èlaboration temporelle de l'acte " qui prescrit un ordre de succession des gestes pour toute activitÈ, en assignant une durÈe ? chacun des gestes ; ainsi l'emploi du temps, ce cadre gÈnÈral pour une activitÈ, se ramifie et se dÈcompose jusqu'aux mouvements les plus prÈcis et les plus dÈtaillÈs du corps en acte. Par ce biais, c'est l'ensemble du corps qui est mis en corrÈlation avec le geste : le moindre geste requiert toute une gymnastique du corps, dans laquelle rien ne doit rester inutile, et dans laquelle c'est l'attitude globale du corps qui est mobilisÈe pour produire un geste efficace et rapide, " toute une routine dont le code rigoureux investit le corps en son entier, de la pointe du pied au bout de l'index "(p178). Cette haute-dÈfinition analytique des gestes propres ? rÈaliser une activitÈ, en investissant le corps tout entier dans le moindre mouvement, permet Ègalement une articulation serrÈe entre le corps et l'objet qu'il manipule : en dÈfinissant chacun des rapports entre le corps et l'objet ? manipuler, la discipline rÈalise une sorte de " codage instrumental du corps " qui constitue alors " un complexe corps-arme, corps-instrument, corps-machine ", o
         
La discipline ne bouleverse pas seulement le rapport au temps par l'analyse de l'activitÈ et le contrÙle du corps en mouvement. Elle instaure Ègalement des dÈcoupages longs permettant d'additionner et de capitaliser le temps d'apprentissage sur des durÈes plus Ètendues. Foucault note quatre procÈdÈs complÈmentaires : dÈcomposer le temps en filiËres sÈparÈes et ajustÈes (d'abord le temps de formation et ensuite le temps de la pratique, etc.), organiser ces filiËres dans une succession ou des ÈlÈments simples se combinent avec une complexitÈ croissante (Ècole primaire, puis ÈlÈmentaire, etc.), fixer un terme ? chaque segment temporel, tel qu'il permette " d'indiquer si le sujet a atteint le niveau statutaire, de garantir la conformitÈ de son apprentissage ? celui des autres, et de diffÈrencier les capacitÈs de chaque individu "(p186), et enfin prescrire ? chacun les exercices qui lui conviennent, en fonction de son niveau, de son grade et de son anciennetÈ. L'organisation disciplinaire du temps inaugure une conception sÈrielle du temps, o
         
La finalitÈ de la formation des individus ? travers une exercice continu consiste dans leur intÈgration ? un ensemble utile, dans lequel l'effet de la force productive " doit Ítre supÈrieur ? la somme des forces ÈlÈmentaires qui la composent "(p192). La discipline doit donc rÈaliser une " composition des forces " dÈgagÈes par le " temps-genËse " de la formation. Cette exigence de composer des forces pour obtenir un appareil efficace se traduit de plusieurs maniËres : l'individu disciplinaire, avec son rang, ses capacitÈs, son codage corporel, doit pouvoir Ítre un ÈlÈment qui s'articule aux autres dans un ensemble plus vaste ; de mÍme, on doit pouvoir combiner les diffÈrents segments du temps disciplinaire, de maniËre ? ce que chacun, idÈalement, puisse Ítre occupÈ en permanence et de la faÁon la plus utile dans une perspective globale, en fonction de ses capacitÈs et des besoins de l'ensemble ; mais cela exige " un systËme prÈcis de commandement ", qui prendra la forme d'un systËme de signaux " ? chacun desquels est attachÈe une rÈponse obligÈe et une seule " et " auxquels il faut rÈagir dans l'instant " (pp195-195), systËme se traduisant par la mise en place de tactiques.
         
La discipline, ? travers la rÈpartition cellulaire de l'espace obtenue par la constitution de tableaux, le codage organique des activitÈs dans les manúuvres, le cumul gÈnÈtique du temps par les exercices imposÈs, et la composition combinatoire des forces au travers des " tactiques ", construit le " rÍve militaire " d'une sociÈtÈ qui se rÈfÈrerait " aux rouages soigneusement subordonnÈs d'une machine (...), aux coercitions permanentes (...), aux dressages indÈfiniment progressifs (...) et ? la docilitÈ mÈcanique "(p198).
Mais pour assurer un " dressage " gÈnÈralisÈ des multiplicitÈs d'individus, les techniques disciplinaires se sont dotÈes d'instruments simples qui expliquent leur " succËs " historique : ce sont la surveillance hiÈrarchique, la sanction normalisatrice, et leur combinaison spÈcifique dans les procÈdures d'examen.
         
La surveillance disciplinaire doit Ítre continue, fonctionnelle et hiÈrarchisÈe. Elle doit en effet pouvoir s'appliquer en permanence ? tous les points de l'espace et ? chaque instant ; elle nÈcessite dons un amÈnagement spatial orientÈ vers une " visibilitÈ gÈnÈrale " dont le modËle est le camp militaire, modËle qu'on retrouve dans l'architecture elle-mÍme : " Au vieux schÈma simple de l'enfermement et de la clÙture (...) commence ? se substituer le calcul des ouvertures, des pleins et des vides, des passages et des transparences ", o
         
La discipline doit justement rÈpondre au besoin de punir les individus que la surveillance observe comme Ètant insoumis et qui tentent de se dÈrober ? l'organisation gÈnÈrale. Mais la discipline, voulant Èconomiser la violence, invente " une maniËre spÈcifique de punir ", que Foucault nomme sanction normalisatrice. CorrÈlativement ? la surveillance continue, la discipline instaure une pÈnalitÈ permanente. " Au cúur de tous les systËmes disciplinaires, fonctionne un petit mÈcanisme pÈnal "(p209). Mais il s'agit en fait d'une " infra-pÈnalitÈ " dans la mesure o
         
Mais l'originalitÈ de la sanction dans la discipline tient surtout au fait qu'elle ne se rÈsume pas ? la punition. A cÙtÈ des ch?timents, la discipline organise tout une sÈrie de rÈcompenses, qui sont comme l'envers opposÈ et complÈmentaire de la punition : la sanction-punition se double d'une sanction-gratification qui est le versant " positif " de la sanction disciplinaire. La discipline ne se contente pas de punir les Èchecs, elle gratifie les rÈussites. Ce double systËme permet une moralisation constante des conduites au travers de l'axe du bien et du mal : " au lieu du partage simple de l'interdit, tel que le connaÓt la justice pÈnale, on a une distribution entre pÙle positif et pÙle nÈgatif "(p212). On peut ainsi obtenir une quantification chiffrÈe de la valeur de chacun, par une " comptabilitÈ pÈnale " constante qui permet un " bilan punitif de chacun " : c'est toute " une circulation des avances et des dettes " qui trouve son moteur dans ce " calcul permanent des notations en plus et en moins ". La sanction ne s'adresse donc pas seulement aux individus qui s'Ècartent effectivement de la rËgle, mais elle s'applique plutÙt ? tous les individus sans exception, servant d'incitation nÈgative ou positive, intensifiant la discipline en la naturalisant dans une morale qui se veut Èvidente. Cette micro-pÈnalitÈ disciplinaire devient alors une piËce intÈgrante de l'appareil disciplinaire, et sert ? qualifier et distribuer les individus les uns par rapport aux autres de la faÁon la plus prÈcise et la plus efficace possible. Elle sert ? connaÓtre les individus. En fait, la sanction disciplinaire est homogËne ? l'ensemble du dispositif des disciplines : on l'y retrouve partout, et elle peut prendre toutes les formes des techniques disciplinaires. La rÈpartition en grades en en rangs, caractÈristique de la discipline, sert Ègalement au systËme punition-rÈcompense : " Le rang en lui-mÍme vaut rÈcompense ou punition "(p213). Ainsi, " marquer les Ècarts, hiÈrarchiser les qualitÈs, les compÈtences et les aptitudes " revient aussi ? " ch?tier et rÈcompenser "(p213). Foucault cite l'exemple de l'Ecole militaire, qui avait crÈÈ la " classe honteuse " valant comme punition pour les " mauvais ". Mais ce classement punitif doit tendre ? s'effacer, il n'existe que pour disparaÓtre, car son but n'est pas l'exclusion dÈfinitive d'une condamnation rigide qui sÈparerait les individus, mais au contraire de faire que tous se soumettent au mÍme modËle de contrainte : contrainte intensifiÈe pour les ÈlÈments qui tendent ? s'y soustraire, mais qui rÈintÈgreront l'ensemble quand ils se seront corrigÈs, contrainte qui pËse en retour sur les tous les autres ÈlÈments dans la mesure o
         
Le couple surveillance-sanction, le doublet hiÈrarchie-normalisation trouve une synthËse dans une procÈdure qui combine leurs effets respectifs : l'examen. C'est en effet cette combinaison qui rÈalise la rupture la plus radicale entre le pouvoir disciplinaire et le pouvoir de type souverainetÈ : le rÙle bilitÈ s'inverse dans l'examen, puisque le pouvoir ne s'y donne plus ? voir dans les grandes parades triomphantes o
         
A travers l'examen, la sanction et la surveillance, les disciplines produisent une individualitÈ sans cesse comparÈe ? la norme constituÈe par l'ensemble des rËgles et de ordres ? respecter, une individualitÈ prise comme objet d'un savoir objectivant les Ècarts, sans cesse surveillÈe et menacÈe de sanction, alors que le pouvoir devient lui-mÍme de plus en plus anonyme et fonctionnel, rendu collectif par sa diffusion gÈnÈrale, dans laquelle, ? la limite, tous l'exercent sur chacun. " Dans un systËme de discipline, l'enfant est plus individualisÈ que l'adulte, le malade l'est avant l'homme sain, le fou et le dÈlinquant plutÙt que le normal et le non dÈlinquant. C'est vers les premiers en tout cas que se sont tournÈs dans notre civilisation tous les mÈcanismes individualisants ; et lorsqu'on veut individualiser l'adulte sain, normal et lÈgaliste, c'est toujours dÈsormais en lui demandant ce qu'il y a encore en lui d'enfant, de quelle folie secrËte il est habitÈ, quel crime fondamental il a voulu commettre "(p226). Dans un tel contexte, l'individualisation objectivante vaut Ègalement comme sanction, et " l' originalitÈ " devient une insulte...
         
Tous ces procÈdÈs disciplinaires se sont incarnÈs dans des institutions spÈcifiques, sans pour autant Ítre rÈservÈs ? l'une d'entre elles. Historiquement, la premiËre forme repÈrable, ce sont au XVIIËme siËcle les rËglements pour le quadrillage complet des villes contaminÈes par la peste : mises en quarantaine de la totalitÈ de l'espace urbain, inspections permanentes, enregistrements Ècrits et centralisÈs de toutes les informations ayant trait aux habitants, etc. La peste, ou plutÙt la rÈaction du pouvoir face ? cette situation exceptionnelle, constitue le prototype des institutions disciplinaires, et s'oppose ? la lËpre, qui est un modËle d'exclusion symbolique : pour la lËpre, il y a un " partage massif et binaire entre les uns et les autres ", une pratique du rejet, du renfermement, de l'exil, de la clÙture dÈfinitive ; pour la peste, il y a davantage " des sÈparations multiples, des distributions individualisantes, une organisation en profondeur des surveillances et des contrÙles, une intensification et une ramification du pouvoir "(p231). " DerriËre les dispositifs disciplinaires, se lit la hantise des " contagions ", de la peste, des rÈvoltes, des crimes, du vagabondage, des dÈsertions, des gens qui apparaissent et disparaissent, vivent et meurent dans le dÈsordre "(p231). Mais les institutions concrËtes ont en rÈalitÈ combinÈ ces deux modËles, fonctionnant sur un double mode : application des techniques de quadrillage disciplinaire au monde de l'exclusion symbolisÈ par le lÈpreux, qui Ètait plus ancien que les techniques disciplinaires, partage binaire, marquage d'une diffÈrence, et rÈpartition diffÈrentielle dans une coercition individualisante ; et d'un autre cÙtÈ, les ramification disciplinaires ont permis de porter les exclusions binaires jusqu'aux mailles les plus serrÈes de la sociÈtÈ, jusqu'aux dÈtails les plus tÈnus, Èlargissant les exclusions et universalisant ainsi le partage dichotomique normal-anormal...
         
Mais si la " peste " est la prototype historique concret, le Panopticon de Bentham est le schÈma abstrait de toute institution disciplinaire : c'est un modËle architectural organisÈ entiËrement par les lois d'une optique politique, o
         
Ces deux modËles de l'institutioservent de symbole pour la transformation historique de l'exercice du pouvoir, dÈcrite comme la mise en place d'une " sociÈtÈ disciplinaire ". La mise en place de cette sociÈtÈ disciplinaire ne se rÈsume pas seulement ? la multiplication des institutions disciplinaires, entre le XVIIIËme et le XIXËme siËcles, mais correspond ? des processus plus larges. On constate en effet que la multiplication des disciplines s'est accompagnÈe de transformations dans le sens et la forme de l'exercice du pouvoir. D'abord, on peut montrer que les disciplines ont progressivement changÈ de fonction, passant d'une fonction si on veut " rÈpressive ", ou en tous cas nÈgative, puisqu'il s'agissait surtout " d'Èviter les inconvÈnient des rassemblements trop nombreux "(p244), ? une fonction plus positive o
         
Ce sont ces processus historiques qui forment une sociÈtÈ disciplinaire, non pas que les autres formes de pouvoir aient disparus, mais parce que la discipline est devenue centrale et les a transformÈs en profondeur. Cette sociÈtÈ disciplinaire s'oppose au modËle d'une sociÈtÈ o
         
Enfin, la formation de cette sociÈtÈ disciplinaire s'inscrit dans des transformations historiques plus larges. Sur le terrain de l'Èconomie, l'avËnement des disciplines coÔncide avec l'explosion dÈmographique du XVIIIËme siËcle et la croissance de l'appareil de production ? la mÍme Èpoque : fixer les populations flottantes, Ètendre le pouvoir ? des groupes plus nombreux, faire accroÓtre la rentabilitÈ de la production en ajustant les mÈcanismes de pouvoir aux appareils productifs, autant d'objectifs nouveaux que les disciplines permettent de rÈaliser, entraÓnant le pouvoir vers une " Èconomie " de plus en plus grande, o
         
Sur un plan plus directement politique, la gÈnÈralisation des disciplines coÔncide avec l'installation des grandes structures juridico-politiques de la bourgeoisie triomphante : rÈgime parlementaire reprÈsentatif soutenu par un cadre juridique Ègalitaire, souverainetÈ formÈe contractuellement par la volontÈ de tous, les nouvelles pensÈes politiques du contrat social ont constituÈ le cadre formel dans lequel se sont dÈveloppÈes les disciplines. Les disciplines ont ÈtÈ la contrepartie concrËte de l'ÈgalitÈ formelle du droit politique bourgeois, une sorte de " contre-droit " ; car il s'agissait de maintenir une dissymÈtrie rÈelle et une inÈgalitÈ concrËte entre des sujets thÈoriquement libres et juridiquement Ègaux en principe, bref " d'exclure des rÈciprocitÈs "(p259). Car la discipline a reconstituÈ des hiÈrarchies mouvantes l? o
         
Sur le plan scientifique, les disciplines ont rÈalisÈ un type d'organisation dans laquelle le savoir fait partie intÈgrante de l'exercice du pouvoir, daÈciprocitÈ stricte entre connaÓtre et exercer le pouvoir. Le pouvoir disciplinaire ne peut fonctionner sans objectiver les sujets auxquels il s'applique par une observation constante, un archivage permanent et un cumul des connaissances. Les sciences de l'homme ont trouvÈ dans le pouvoir disciplinaire leur terreau historique. Il s'agit bien, avec les disciplines, d'une rationalisation de l'exercice du pouvoir, mais aussi d'une politisation complÈmentaire du savoir, qui devient de plus en plus une forme du pouvoir. L'examen disciplinaire a formÈ le prototype des instruments les plus performants de la psychologie, de la sociologie, de la criminologie : les tests, les entretiens, les interrogatoires, les consultations, dÈrivent directement de la forme disciplinaire de l'examen, mÍme si elles le raffinent et le complexifient.
         
Le triomphe de la discipline est atteint lorsque les procÈdures de l'examen indÈfini s'infiltrent dans l'enquÍte judiciaire elle-mÍme, et transforment le criminel en anormal ? rÈintÈgrer et ? rÈÈduquer, au terme d'une discipline carcÈrale qui n'aurait, ? la limite, plus de fin. La mise en observation de tout individu par un pouvoir gÈnÈralisÈ remplace la menace de mort du souverain sur le collectif, comme image dÈfinitive du pouvoir.
| ||||